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B comme (2/2)

Publié le par Jean-Pierre Bouyer

B ... comme Bonn et comme Beethoven (2/2)

(pour en finir avec l'année Beethoven)

Après Maurerfragen, voici le deuxième lied pour lequel le Frère Wegeler a composé un texte maçonnique sur une partition de son ami Beethoven.

L'Opferlied de Beethoven, en mi majeur, pour voix et piano (WoO 126, 1794), sur un poème de Friedrich von Matthison datant de 1788, ne me semble présenter aucun caractère directement maçonnique. 

Voici en effet  la traduction de ce chant de sacrifice :

La flamme embrase, une lueur chaude
Illumine la sombre forêt de chêne 
Et l'odeur d'encens fumeronne.
Tends une oreille compatissante
Et accepte avec plaisir le sacrifice,
O Plus Puissant, de ce juvénile !

Sois toujours la défense et le bouclier
De la liberté !
Que ton souffle remplisse en abondance
L'air, la terre, le feu et les eaux.
Donne moi, en tant qu'adolescent et que vieillard,
Au sein de ta demeure, O Zeus,
La Beauté comme récompense !

Roger Cotte (chaud partisan de la thèse de  l'appartenance maçonnique de Beethoven) a cependant enregistré ce lied à son disque Musiques rituelles maçonniques au XVIIIe siècle et s'en justifie par ce texte (qui ne me semble guère convaincant, d'autant plus qu'en 1788 les 4 éléments n'avaient pas encore fait leur apparition au rituel du premier grade ...) :

L'Opferlied (1795 ?), «Chant de sacrifice» pour voix solo et piano-forte, rejoint la maçonnerie d'inspiration antique mise à l'honneur à Vienne dans l'entourage de Mozart (cf. la cantate «Dir Seele des Weltalls»). Le texte du poète Matthison évoque les sacrifices des anciennes religions, mais également le symbolisme des quatre éléments (si importants dès le premier grade) et le combat pour la liberté. Le musicographe H. de Curzon le qualifie de « ... large et belle page un peu dans le style des chœurs des prêtres d'Isis de La Flûte enchantée ».

C'est par contre un texte bien maçonnique qu'a écrit Wegeler sur cette partition. Il est d'ailleurs intitulé Bei der Aufnahme eines Maurers (A l'initiation d'un maçon)

Vous pouvez en voir le texte allemand à la p. 26 de ce document ; en voici une traduction :

Le travail commence ! Qu'une sainte ardeur
Rehausse le cœur du novice
Afin qu'il puisse l'achever avec dignité.
Qu'elle fortifie son esprit encore faible
Afin qu'il obtienne un jour
Le Palme comme trophée !

Dissipe, grand Créateur, toute illusion de son esprit
Pour qu'il suive courageusement la voie du Bien.
En compagnie, par ta bénédiction, d'hommes meilleurs,
Fais qu'il agisse toujours comme un Maçon.

Terminons par deux lieder de Beethoven auxquels on peut trouver des résonances maçonniques.

Le poème de Goethe Bundeslied (1789) n'est pas nécessairement maçonnique, mais on le trouve dans de nombreux chansonniers maçonniques car il peut accompagner parfaitement la Chaîne d'Union. Il a fait l'objet de nombreuses mises en musique, notamment par plusieurs compositeurs maçons.

Voici la traduction des 3 premiers couplets :

Lors de tous ces bons moments 
Exaltés par l'amour et le vin, 
Que ce chant soit entonné 
Pour nous rassembler ! 
Et que le Dieu qui nous a amenés ici
Nous garde ensemble, 
Renouvelant nos ardeurs
Qu'il a allumées.

Alors aujourd'hui, que dans une joie rayonnante, 
Nous ne formions qu'un seul cœur !
Debout, buvez à la joie renouvelée 
Ce verre de vin pur ! 
Debout, dans la douceur de l'instant, 
Trinquez, embrassez-vous sincèrement,
A chaque nouvelle chaîne d'union 
Les anciens rajeunissent !

Qui, vivant dans notre cercle,
Ne s'y sent pas heureux ?
Jouissez de nos libres façons
Et d''une fraternité fidèle !
Restez à travers les temps
Cœur contre cœurs ;
Notre lien ne sera rompu
Par aucune petitesse.

Ce poème a également été mis en musique par Beethoven :

Et voici en prime encore un lied de Beethoven auquel on peut trouver un rapport avec la maçonnerie : le célèbre Auld Lang Syne (Choral des Adieux) du tout aussi célèbre Frère Robert Burns figure dans ses 12 Chants Ecossais (WoO15) :

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